La salle d’audience numéro 1 de la cour d’appel de Bamako était bondée. A l’extérieur des dizaines d’anonymes qui n'avaient pas pu trouver de places attendaient la fin des débats.
Commencé en 2016 par un procès délocalisé à Sikasso, le feuilleton judiciaire de « l’affaire Sanogo », du nom du désormais
général Amadou Haya Sanogo tient en haleine les Maliens. Mais hier jeudi seules les parties civiles manquaient à l’appel. Les familles des victimes ont accepté l’an dernier un accord à l’amiable, ce qui facilite la défense de Cheick Oumar Konaré avocat des accusés. «
Cela allège la charge passionnelle, voir juridique du dossier », confie t-il. Le protocole d’accord a été signé avant l'ouverture de l'audience de jeudi entre les parties civiles et le gouvernement. Celles-ci bénéficieront de dédommagements financiers et, pour certains des ayants droits, d'une intégration dans la fonction publique.
En outre, le Mali a promulgué en 2019 une loi d’amnistie pour un certain nombre de crimes commis lors de la crise née de la rébellion indépendantiste de 2012. Depuis lors, les avocats de la défense ont toujours plaidé la relaxe au bénéfice de cette
loi d’entente nationale. Un argument politique plus que judiciaire, semble-t-il entendu par le procureur général qui a requis l’abandon de toutes les poursuites contre les prévenus.
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Lundi nous nous attendons à un verdict (tel) que la cour va constater l’extinction de l’action publique et renvoyer nos clients comme on le dit dans notre jargon sans peine ni dépens », assure Maître Mohamed Diop, avocat de la défense.
La confiance est de mise du côté des accusés sortis tout sourire d’une audience de plus de deux heures. Neuf ans après les faits, il revient donc aux juges d’acter l’épilogue de cette procédure en prononçant des peines ou l’acquittement des prévenus