Le porte-parole du gouvernement béninois, Wilfried Léandre Houngbédji, a déclaré ce mercredi 23 avril, à l’issue du Conseil des ministres, que l’attaque jihadiste du 17 avril dernier contre les postes militaires de Banikoara et Koudou, dans le département de l’Alibori, avait coûté la vie à 54 soldats béninois. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à al-Qaïda, a revendiqué l’assaut dans un communiqué diffusé deux jours plus tard.
« Même si ça ne fait pas les 70 et plus que les gens ont annoncé, c’est beaucoup. Et pour nous, une vie perdue, c’est déjà trop », a déclaré M. Houngbédji, en exprimant la « compassion du gouvernement à toutes les familles endeuillées » et à l’ensemble de la nation béninoise. Il a souligné que ces soldats tombés étaient « nos enfants, nos parents, nos amis ».
Dans son communiqué, le JNIM affirme avoir tué 70 soldats, incendié sept véhicules militaires et capturé un important arsenal, comprenant des mortiers, des mitrailleuses lourdes, des lance-roquettes RPG, des fusils d’assaut, des drones, des grenades et des munitions.
Wilfried Léandre Houngbédji a mis en garde contre l’effet recherché par les assaillants : « Ils cherchent à humilier notre pays, à saper le moral de nos troupes et du pays lui-même ». Il a toutefois assuré que le Bénin ne cédera pas à la peur. « Nous avons une conviction : tôt ou tard, nous viendrons à bout de ces criminels et de leur entreprise mortifère », a-t-il martelé.
Le porte-parole du gouvernement a par ailleurs regretté l’absence de coordination sécuritaire efficace avec certains pays voisins : « Notre situation serait autrement plus aisée si nous avions une belle coopération avec les pays qui nous entourent », a-t-il affirmé, estimant que la faiblesse du dispositif de l’autre côté de la frontière avait permis aux assaillants d’opérer avec facilité.
À l’issue du Conseil des ministres, il a également révélé que le président Patrice Talon avait tenu, depuis l’attaque, plusieurs réunions avec le haut commandement militaire pour réévaluer les stratégies de réponse et les besoins matériels. « De tous les équipements que nous avons commandés, certains ne sont pas encore arrivés. Mais nous faisons tout pour que nos soldats soient mieux équipés et plus performants », a-t-il assuré.
Depuis 2021, le nord du Bénin est régulièrement ciblé par des groupes armés opérant depuis les zones frontalières du Burkina Faso. Mais le gouvernement affirme qu’aucune implantation durable de ces groupes n’a été constatée sur son territoire. « Si on ne faisait rien, la situation ne serait pas celle-là », a conclu le porte-parole.
AC/Sf/APA
Source: apanews.net